KOLDA — Dans la vallée de Ndorna, la préservation des ressources forestières s’impose désormais comme un enjeu majeur de développement local et de résilience climatique. C’est dans cette perspective qu’une formation sur la gouvernance forestière se tient du 27 au 29 août 2026, dans les communes de Ndorna, Koulinto et Thiéty, dans la région de Kolda.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Promotion de l’agroécologie et la résilience climatique face aux migrations environnementales de la région de Kolda », financé par ACCD et mis en œuvre par l’Association Guné de Kolda en partenariat avec la Fondation Guné Barcelone.
Une forêt au cœur de la vie des communautés
Partagée par les trois communes, la vallée de Ndorna abrite un patrimoine forestier qui joue un rôle essentiel dans la vie quotidienne des populations. La forêt constitue à la fois une source de nourriture, de produits de pharmacopée traditionnelle, de matériaux de construction et de revenus pour les communautés riveraines.
Elle contribue également à la préservation des ressources en eau, à la régulation du climat et au maintien de l’équilibre écologique du territoire.
Cependant, cette richesse naturelle est aujourd’hui soumise à une forte pression. Les coupes abusives, les feux de brousse, les défrichements excessifs et l’exploitation non maîtrisée des ressources forestières constituent autant de menaces pour la pérennité de cet écosystème et pour les moyens de subsistance des populations.
Face à ces défis, l’Association Guné/Kolda entend renforcer les capacités des acteurs locaux afin de favoriser une gestion plus responsable, participative et durable de la forêt.
Renforcer les capacités des acteurs locaux
La formation réunit différentes composantes des communautés des trois communes. Elle cible notamment les membres des conseils municipaux, les chefs de village et notabilités, les représentantes des femmes et des groupements féminins, les jeunes ainsi que les organisations communautaires de base.
L’objectif est de permettre à ces différents acteurs de mieux comprendre la notion de bien naturel commun et les responsabilités qui en découlent.
Les participants sont également sensibilisés au cadre juridique régissant la propriété et la gestion des ressources forestières, ainsi qu’à leurs droits et devoirs en matière d’utilisation, de protection et de surveillance des forêts.
Une attention particulière est accordée à la clarification des rôles des différents intervenants, notamment les collectivités territoriales, les services des Eaux et Forêts, les comités de gestion de l’environnement et les communautés.
Des solutions locales pour une gestion durable
Au-delà des aspects théoriques, la formation entend déboucher sur des actions concrètes. Les participants sont appelés à réfléchir ensemble aux moyens de renforcer la surveillance des espaces forestiers, de prévenir les feux de brousse, de lutter contre les coupes abusives et de promouvoir la restauration des ressources naturelles.
Les échanges portent également sur la nécessité de renforcer la participation des femmes et des jeunes, considérés comme des acteurs essentiels de la protection de l’environnement et du développement des territoires.
Des travaux de groupes, des études de cas et des échanges participatifs permettront aux participants d’identifier les principales difficultés propres à leurs territoires et de dégager des pistes d’intervention. Des ébauches de plans d’action locaux doivent ainsi être élaborées à l’issue des sessions.
Préserver les espèces forestières emblématiques
La protection de certaines espèces particulièrement importantes pour les écosystèmes et les populations figure également parmi les priorités de la formation. Les participants sont notamment sensibilisés à la préservation du vène, du caïlcédrat, du néré, du rônier et du dimb.
La sauvegarde de ces espèces apparaît comme un enjeu à la fois environnemental, économique et culturel, compte tenu de leur importance dans les systèmes de production et les pratiques traditionnelles des communautés.
Trois jours, trois communes
La formation se déroule selon un calendrier couvrant les trois communes de la vallée :
- 27 août 2026 : Ndorna
- 28 août 2026 : Koulinto
- 29 août 2026 : Thiéty
La méthodologie privilégie une approche participative et interactive, avec des échanges en pulaar et en français, afin de faciliter l’appropriation des contenus par l’ensemble des participants.
Faire de la forêt une responsabilité collective
À travers cette initiative, l’Association Guné/Kolda et ses partenaires entendent contribuer à l’émergence d’une gouvernance forestière davantage fondée sur la participation communautaire, la concertation et la responsabilité partagée.
La vallée de Ndorna constitue en effet un espace naturel dont la préservation dépasse les frontières administratives des trois communes. Sa gestion nécessite donc une mobilisation collective des élus locaux, des services techniques, des autorités traditionnelles, des femmes, des jeunes et de l’ensemble des communautés.
Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et les risques de migrations liées à la dégradation des ressources naturelles, la protection de la forêt apparaît comme un levier important de résilience des populations et de développement durable du territoire.
Préserver la forêt de la vallée de Ndorna, c’est protéger les moyens de subsistance des communautés, préserver l’environnement et garantir aux générations futures un patrimoine naturel encore vivant.

